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Gaza – CPI
Qu'il aille au diable, sans regret, dit la Palestinienne Amal Al-Misri. Elle commentait l’annonce de Mahmoud Abbas de sa volonté de ne pas briguer un second mandat à la présidence de l’autorité palestinienne de Ramallah. Elle se montre abasourdie devant une telle volonté. « Il nous a habitués à un tel mensonge », dit cette institutrice de 45 ans à l’envoyé de notre Centre Palestinien d’Information (CPI).
« Cette fois, j’espère et j’implore Allah (le Tout Puissant) qu’il soit sincère, afin qu’une page noire de l’histoire de notre peuple soit tournée », ajoute-t-elle.
A noter qu’Abbas, président de l’autunite palestinienne, a déclaré, jeudi 5 novembre, qu’il ne voulait pas se présenter aux prochaines élections et qu’il avait déjà informé l’OLP et le Comité central du mouvement du Fatah de sa décision. Cependant, la porte est toujours ouverte à tout changement d’avis. Tout laisse à croire à un nouveau coup de théâtre.
Une nouvelle tentative
Ce n’est qu’un coup de théâtre, croit avec une totale conviction l’étudiant universitaire Hassan Mahmoud. C’est un coup mesquin de relations publiques. Abbas a envie de voir des manifestations dans les rues le suppliant de rester au pouvoir. Il voulait également adresser un message aux Israéliens et aux Américains, leur montrant sa déception pour leur attitude contre tous les services qu’il leur avait faits toute sa vie.
Des manifestations insignifiantes
Quelques-uns de la direction du mouvement de Fatah ont déclaré leur attachement à Abbas. Ils reconnaissent en lui l’unique candidat. Cependant, la Cisjordanie n’a connu que des manifestations insignifiantes, image du désenchantement des Palestiniens par rapport à Abbas, de son mouvement du Fatah et de son autorité.
Sur la chaîne satellitaire Al-Jazeera, un jeune homme a directement exprimé, jeudi soir, sa déception vis-à-vis d’Abbas. Bien qu’il se présente comme un cadre de la jeunesse du mouvement du Fatah, il a dit qu’Abbas n’avait rien réalisé ni pour le peuple palestinien, ni même pour son mouvement.
Quelle honte !
Beaucoup de Palestiniens vont jusqu’à considérer Abbas comme une honte dans la direction palestinienne. C’est lui qui avait travaillé, dans les coulisses, pour signer l’accord d’Oslo qui n’a fait qu’abuser des droits palestiniens.
Abbas n’a plus de popularité, surtout après avoir qualifié les roquettes de la résistance palestinienne d’« abominables ».
Puis, il avait ordonné le retrait du rapport de Goldstone, au début du mois d’octobre dernier. Cet acte lui a valu la perte de la petite popularité restante. En effet, il a tout perdu lorsque son rôle dans la guerre agressive israélienne menée contre Gaza avait été dévoilé, ainsi que dans le blocus organisé contre la Bande.
Pour sa part, le Palestinien Tamer Hamadeh, 27 ans, dit qu’Abbas est tombé dans l’erreur. Il croit pouvoir renforcer sa position aux yeux des occupants israéliens et leurs soutiens américains en menant une guerre sans merci contre le mouvement du Hamas ; il a eu tort, il n’a pas eu leur satisfaction. Cependant, il a perdu son peuple.
La secrétaire d’Etat américaine des affaires étrangères Hillary Clinton a commenté la déclaration d’Abbas, en disant qu’elle travaillerait avec lui, quelle que soit sa fonction. Cela donne l’impression que les Américains ne se sentent pas très concernés par le départ d’Abbas, malgré ses services.
Attaquer le Hamas jusqu’au bout !
Le Palestinien Yasser Miqdand, 45 ans, se montre très étonné de voir Mahmoud Abbas attaquant le mouvement du Hamas. Il ferme toutes les portes à un dialogue salutaire, en dépit de l’occupation israélienne et de sa politique et en dépit du soutien américain sans faille aux occupants israéliens.
Il se montre étonné de voir qu’il ferme les portes à un dialogue avec ses concitoyens, au moment où il laisse ouvertes les portes de négociations avec les occupants israéliens, malgré tout l’échec que ces négociations rencontrent depuis 1993.
Finalement, Mahmoud Abbas partira-t-il ? Ou sa fameuse annonce n’est-elle qu’un coup de poker ? Et s’il part, celui qui prendra sa place saisira-t-il la leçon ? Des questions auxquelles les jours à venir répondront ; soyons patients.
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